Le sacrement du pardon

Le sacrement de réconciliation est la manifestation de l’amour de Dieu envers le pécheur. Un des chemins pour découvrir la miséricorde de Dieu est de désirer de plus en plus accueillir son pardon et de lui faire une place dans sa vie. Voici une fiche pour approfondir le sens de ce sacrement et pour s’y préparer.

1ère étape : Approche théologique du sacrement de réconciliation

« Dans l’Église, le premier signe du pardon du péché est le baptême. Nous l’affirmons dans le Credo : « je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. » Mais la vie de l’Église a conduit à reconnaître que, si tout était engagé au baptême, tout n’était pas gagné pour autant. Les baptisés peuvent encore pécher, ils ont besoin d’être réconciliés et c’est alors qu’intervient le sacrement de pénitence. Il ne fait pas double emploi avec le baptême ; il en constitue comme un déploiement tout au long de notre existence encore marquée par des ruptures, ou des replis sur soi, mais appelée à de nouveaux départs » (Rituel du baptême N°10).

Vivre le sacrement de réconciliation, c’est donc renouveler en nous les liens d’amour qui sont tissés avec Dieu et l’Église au jour de notre baptême. C’est un acte de Dieu qui, par ce sacrement, nous montre qui il est ; un acte de Jésus-Christ qui continue de rassembler les hommes en leur pardonnant ; c’est un acte de l’homme qui reconnaît qu’il est aimé quelle que soit sa situation et c’est un acte de l’Église : les chrétiens donnent au monde un signe de réconciliation.

Un merci qui conduit au pardon 

Ce sacrement ne peut commencer que par un merci : en faisant mémoire de tout l’amour reçu dans ma vie. Ensuite conscient des merveilles que le Seigneur fait pour moi je peux reconnaître mes péchés. Ces derniers correspondent à tout ce qui m’empêche d’accueillir totalement l’amour de Dieu. Ils ne conduisent pas à la paix.

Plusieurs étapes

Ce sacrement est marqué par quelques étapes : une rencontre avec le prêtre, une écoute de la Parole de Dieu, une confession de la foi en Dieu qui est pardon et l’expression de son propre péché. Ensuite, le prêtre est témoin de la miséricorde du Père, il encourage, aide à voir la route à suivre et dit la parole sacramentelle de réconciliation afin de m’aider à reprendre la route commencée le jour de mon baptême. Ce sacrement nous réconcilie avec Dieu et nous fait entrer en pleine communion avec lui. Il nous réconcilie aussi avec l’Église et avec nos frères. Il nous donne la paix, la sérénité et fait croître en nous les forces spirituelles nécessaires pour vivre les promesses de notre baptême.
Bibliographie : Catéchisme de l’Église Catholique

2ème étape : Pour un échange en groupe sur ce sacrement

Lire un texte au choix : (Luc 15, 3-32) ; (Luc 7, 36-50) ; (Mt 18, 22) ; (Mt 25, 34-46) ; (Mt 9, 9-13) ;
(Jn 11, 1-8)

Relever chacun une parole sur le thème du pardon de Dieu et la partager. Comment Jésus considère-t-il le pécheur ? Dans quelle mesure ai-je confiance dans la miséricorde de Dieu ? Comment le pardon m’engage à vivre autrement ?

3ème étape : Quelques pistes pour se préparer personnellement à vivre ce sacrement

Dieu ne peut se résoudre à nous voir faire le mal ; il ne nous a pas créés pour cela. Le péché est une rupture d’amour. Il est dans le refus de l’amour de Dieu et du prochain. Il se traduit par des actes qui mettent en jeu ma volonté et ma responsabilité.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces. Tel est le premier commandement. Et le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même. En ces commandements est contenue toute la loi. » Mt 22, 37-40

Pour toucher du doigt la racine de mon péché, il me faut donc examiner ma relation à Dieu, ma relation à l’autre et à moi-même en essayant de retrouver des faits précis.

  • Où en suis-je de ma foi, de ma confiance en Dieu ? Ai-je pris du temps pour me nourrir de sa Parole et le rencontrer dans la prière ? Ai-je cherché à connaître sa volonté avant de prendre une décision ?
  • Quelle place tient l’autre dans mon existence ? De quelle manière suis-je ouvert à ses besoins ou d’abord préoccupé de moi-même et de mes sécurités ? Ai-je été droit et vrai dans ma façon de penser et d’agir avec les autres ?
  • Et moi, est-ce que je me respecte ? Mon corps, mes besoins, mon esprit… Suis-je libre vis-à-vis ou ai-je des désirs qui m’enchaînent ?

4ème étape : Pour prier

Relire le psaume 50 ou le psaume 31
Je viens vers toi :

1.Comme l’argile se laisse faire
Entre les mains agiles du potier,
Ainsi mon âme se laisse faire,
Ainsi mon cœur te cherche, toi mon Dieu.

R. Je viens vers toi, Jésus (Bis)

2. Comme une terre qui est aride,
Ainsi mon cœur désire ton eau vive.
Tu es la source qui désaltère :
Qui croit en toi n’aura plus jamais soif.

3. Comme un veilleur attend l’aurore
Ainsi mon âme espère en ta parole.
Car ta Parole est une lampe,
Une lumière allumée sur mes pas.

Paroles et musique : Communauté du Verbe de Vie (1994)

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Extraits de la bulle du pape François du 11 avril 2015

« Je ne me lasserai jamais d’insister pour que les confesseurs soient un véritable signe de la miséricorde du Père. On ne s’improvise pas confesseur. On le devient en se faisant d’abord pénitent en quête de pardon. N’oublions jamais qu’être confesseur, c’est participer à la mission de Jésus d’être signe concret de la continuité d’un amour divin qui pardonne et qui sauve. Chacun de nous a reçu le don de l’Esprit Saint pour le pardon des péchés, nous en sommes responsables. Nul d’entre nous n’est maître du sacrement, mais un serviteur fidèle du pardon de Dieu. Chaque confesseur doit accueillir les fidèles comme le père de la parabole du fils prodigue : un père qui court à la rencontre du fils bien qu’il ait dissipé tous ses biens. Les confesseurs sont appelés à serrer sur eux ce fils repentant qui revient à la maison, et à exprimer la joie de l’avoir retrouvé. Ils ne se lasseront pas non plus d’aller vers l’autre fils resté dehors et incapable de se réjouir, pour lui faire comprendre que son jugement est sévère et injuste, et n’a pas de sens face à la miséricorde du Père qui n’a pas de limite. Ils ne poseront pas de questions impertinentes, mais comme le père de la parabole, ils interrompront le discours préparé par le fils prodigue, parce qu’ils sauront accueillir dans le cœur du pénitent l’appel à l’aide et la demande de pardon. En résumé, les confesseurs sont appelés, toujours, partout et en toutes situations, à être le signe du primat de la miséricorde.

Dieu est toujours prêt au pardon et ne se lasse jamais de l’offrir de façon toujours nouvelle et inattendue. Nous faisons tous l’expérience du péché. Nous sommes conscients d’être appelés à la perfection (cf. Mt 5, 48), mais nous ressentons fortement le poids du péché. Quand nous percevons la puissance de la grâce qui nous transforme, nous faisons l’expérience de la force du péché qui nous conditionne. Malgré le pardon, notre vie est marquée par les contradictions qui sont la conséquence de nos péchés. Dans le sacrement de la Réconciliation, Dieu pardonne les péchés, et ils sont réellement effacés, cependant que demeure l’empreinte négative des péchés dans nos comportements et nos pensées. La miséricorde de Dieu est cependant plus forte que ceci. »