La divine Miséricorde

« La miséricorde n’est-elle pas le second nom de l’amour, saisi dans son aspect le plus profond et le plus tendre, dans son aptitude à se charger de chaque besoin, en particulier dans son immense capacité de pardon ? » (Jean-Paul II) Toutefois, parler de la miséricorde est une démarche complexe. Le mot « amour » est trop vague. Nous vous proposons un itinéraire en cinq étapes.

1ère étape : Une approche concrète

Il est bon de partir d’expériences concrètes plus que de grands discours pour découvrir que la miséricorde peut se vivre et se recevoir dans des choses simples. Rencontrer par exemple des témoins pour comprendre comment la miséricorde se vit en différentes situations : mariage, vie professionnelle, vie associative et caritative etc.

2ème étape : Ecouter la Parole

Moïse reçoit les tables de la Loi
Le Seigneur descendit dans la colonne de fumée et se tint là, à côté de Moïse. Il proclama son nom: «Le Seigneur. » Pui il passa devant Moïse en proclamant : « Je suis le Seigneur ! Je suis un Dieu compatissant et bienveillant, patient, d’une immense et fidèle bonté. Je manifeste ma bonté envers les hommes jusqu’à mille générations, en supportant les péchés, les désobéissances et les fautes mais ne laisse rien impuni. Ex 34, 6-7

Jésus a pitié des foules
Jésus parcourait villes et villages ; il enseignait dans leurs synagogues, prêchait la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissait toutes les maladies et toutes les infirmités. Son cœur fut rempli de pitié pour les foules qu’il voyait, car ces gens étaient fatigués et découragés, comme un troupeau qui n’a pas de berger. Mt 9, 35-36

3ème étape : Première approche théologique à partir du message de sœur Faustine

La miséricorde, le nom de Dieu

Le Seigneur dans ses révélations à Sainte Faustine Kowalska, lui dit un jour : «Proclame que la miséricorde est le plus grand attribut de Dieu. Toutes les œuvres de mes mains sont couronnées de miséricorde ». La sainte relate dans son Petit Journal (180) comment le Seigneur lui fit contempler son mystère :

« Le premier attribut que le Seigneur me fit connaître – c’est Sa Sainteté. Cette sainteté est si grande que toutes les Puissances et les Forces tremblent devant Lui. Les purs esprits voilent leur face et s’abîment dans une incessante adoration, la seule expression de la plus haute adoration est : Saint….La sainteté de Dieu se répand sur l’Eglise de Dieu et sur chaque âme vivant en elle – à des degrés divers. Il y des âmes toutes pénétrées de Dieu et il y en a qui vivent à peine.
La seconde connaissance que Dieu m’accorda – c’est Sa Justice. Sa justice est si grande et si pénétrante qu’elle atteint les choses dans leur essence et tout se présente à Lui dans sa vérité, mise à nu, et rien ne pourrait lui résister.
Le troisième attribut est l’Amour et la Miséricorde. Et j’ai compris que l’amour et la miséricorde sont le plus grand attribut. Ils unissent la créature au Créateur. J’ai connu le suprême amour et l’abîme de sa miséricorde dans l’Incarnation du Verbe, dans sa Rédemption, et c’est ainsi que j’ai découvert que cet attribut est le plus grand en Dieu »

Donner son cœur à la misère

Dans son livre « Le message de la miséricorde et l’apôtre Thomas », le Père Martin Pradère, supérieur du séminaire de Bordeaux nous parle de la miséricorde :

« Le mot de miséricorde est riche de sens. Il signifie « donner son cœur à la misère ». Autrement dit, il manifeste que Dieu veut nous donner son cœur, c’est-à-dire son amour (…). Ce terme est en fait la traduction de termes hébreux très parlants eux aussi, en particulier ceux de « rahamim » (traduit par « splangna » en grec) et de « hésed » (« éléos »). Le premier, pluriel du mot « rehem », «matrice », évoque la tendresse inconditionnelle de la mère qui a porté neuf mois son enfant dans son sein et ne peut donc se résoudre à abandonner celui-ci, même s’il la déçoit ou la blesse ; le second, avec une connotation plus masculine, exprime l’amour invincible de celui qui est indéfectiblement fidèle à son alliance. Ces deux termes sont appliqués dans la Bible d’abord à Dieu lui-même (Ex 34,6-7 ; Os 11, 8-9…). Ils évoquent dans la prédication des prophètes, comme l’explique Jean Paul II, dans son encyclique « Riche en miséricorde », « une puissance particulière de l’amour, qui est plus fort que le péché et l’infidélité du peuple élu », qui va donc au-delà des exigences de la seule justice, sans pour autant abolir celles-ci : « L’amour se transforme en miséricorde lorsqu’il faut dépasser la norme précise de la justice, précise et souvent trop stricte », écrit encore Jean-Paul II. Dieu apparaît certes en effet dans l’Ecriture comme le Juge qui rend à chacun selon ses œuvres (1 P 1, 17), comme le Saint qui ne peut tolérer le péché même s’il aime inconditionnellement le pécheur. Cependant, bien plus fondamentale est sa miséricorde, qui semble se situer à l’opposé de la justice divine, mais se révèle en fait inséparable d’elle. C’est ce que note Jean-Paul II : « L’amour, pour ainsi dire, est la condition de la justice et, en définitive, la justice est au service de la charité […] Le primat et la supériorité de la charité sur la justice (qui est une caractéristique de toute la révélation) se manifestent précisément dans la miséricorde ».

Dans son livre « Que penser de la Miséricorde », le dominicain Philippe Cochinaux écrit:

« La miséricorde est l’essence même d’un Dieu qui y invite tous les humains. Grâce à elle, il nous est permis d’espérer que tout homme soit sauvé. A la lumière de ces réflexions, il aborde ensuite les questions éthiques de l’échec et de la transgression, et la manière pastorale de les accompagner. Le pardon est une démarche éminemment personnelle, la réconciliation — acte d’amour qui restaure une relation blessée — est son apogée. »

Pour aller plus loin

– S’appuyer sur le fil de l’année liturgique pour vivre des temps forts liés à la miséricorde : par exemple : Vendredi saint, Dimanche de la miséricorde, journée du pardon…
– Vivre les moyens et prières proposés par l’intermédiaire de Sainte Faustine : vénération du tableau de Jésus miséricordieux, célébration du Dimanche de la Miséricorde Divine précédé de la neuvaine à la Miséricorde divine, chapelet à la Miséricorde divine, heure de la miséricorde divine… (www.faustine-message.com ; www.pourlamisericordedivine.org)